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Journée européenne de lutte contre l'obésité

 En France, plus de 7 millions de personnes sont atteintes d’obésité, soit 15% de la population. La Champagne-Ardenne occupe une place préoccupante dans les classements puisqu’elle est la deuxième région française la plus touchée par ce phénomène. Le CHU de Reims s’est engagé dans la prise en charge de ces patients souvent stigmatisés et démunis.

Une journée pour en parler

Depuis 2010, les JEO ont pour finalités de :

  • faire reconnaître à tous, l’obésité en tant que maladie chronique
  • faciliter l’accès de l’information aux patients
  • améliorer la prise en charge du patient dans son parcours de soins

Pour  répondre aux enjeux de cette journée européenne de lutte contre l’obésité, le Centre Spécialisé dans l’Obésité du CHU propose deux actions :


1. une action d’information à destination du grand public, sous forme de questions réponse permettant de trouver des réponses concrètes pour mieux réguler son poids.

 J’ai un problème de poids : dois je absolument faire un régime ?

/////Questions au Pr Eric Bertin, médecin responsable du centre spécialisé dans l’obésité : Les gens qui ont un excès de poids pensent qu’ils doivent faire un régime, est ce la bonne solution ?

Non, si des aménagements au niveau de l’alimentation sont souvent nécessaires (avoir une alimentation plus diversifiée, diminution des boissons sucrées…), les régimes sont déclarés par les autorités de santé depuis 2010 comme contre-productifs car ils favorisent une perte de la régulation du comportement alimentaire sur les signaux internes (faim et rassasiement) et induisent des envies irrésistibles de manger suite aux frustrations qu’ils génèrent. Les régimes favorisent ainsi le phénomène de Yo-Yo pondéral et une relation tendue avec l’alimentation (les personnes s’interdisent de manger les aliments qu’elles apprécient le plus).

Que conseillez vous à la place ?

Voici quelques recommandations générales tout en sachant que passer par un professionnel de la nutrition (médecin nutritionniste ou endocrinologue, diététicien nutritionniste) pour analyser plus précisément la situation de la personne est souhaitable :

  • manger plus doucement dans un environnement le plus serein possible (voir la rubrique « conseils pratiques pour manger moins vite »)
  • respecter ses sensations de faim et de rassasiement (on ne devrait pas ressentir une sensation de tension sur l’estomac en fin de repas)
  • prendre conscience des éléments pouvant influencer notre relation avec l’alimentation (sans nous en rendre compte, nous pouvons gérer nos émotions / notre stress / notre mal-être par l’alimentation)
  • se sentir mieux dans son corps en faisant une activité physique et/ou sportive adaptée et plaisante (ce peut être aussi de la relaxation des massages…).

Pour en savoir plus, consultez les rubriques « maison de la nutrition », « réseau sport santé bien être », recours à un diététicien/////

Le réseau sport-santé bien être

/////Questions à Brice Canot, président du réseau sport-santé bien-être (RSSBE) : Qu’est ce que le RSSBE ?

Le Réseau Sport-Santé Bien-Être (RSSBE) est une association à but non lucratif. Elle a pour objectif de faciliter l’accès à une activité physique régulière, adaptée, sécurisée et progressive à des personnes touchées par l’obésité ou d’autres maladies chroniques (par exemple : hypertension, diabète, dyslipidémies, cancer, etc.).

Que propose ce réseau ?

Le RSSBE propose concrètement une reprise de l’activité physique en quatre étapes :

  1. Réalisation d’un bilan médico-sportif initial par un éducateur médico-sportif. Il se compose d’un entretien motivationnel et de tests visant à évaluer la condition physique, le niveau d’activité physique et la qualité de vie du participant. Au décours de ce bilan, il sera possible au participant d’intégrer un « atelier passerelle » pour débuter une activité physique encadrée par l’éducateur médico-sportif ou de rejoindre un créneau « sport-santé » au sein d’un club sportif. Ce bilan est gratuit et n’engage pas le participant à la reprise rapide d’une activité physique. Il lui est tout à fait possible de réfléchir ou d’être revu avant de prendre sa décision. Un compte rendu est adressé au médecin traitant.
  2. Une fois le bilan médico sportif initial réalisé, un carnet de liaison entre le médecin, l’éducateur médico-sportif et le club lui est remis (Pass Bien-Être). Le médecin traitant devra valider la proposition de reprise d’activité physique, ainsi qu’établir un certificat de non contre-indication à la pratique d’une activité physique et sportive sur le Pass Bien-Être.
  3. Réalisation de l’activité physique choisie par le participant dans un créneau reconnu « Sport-Santé » encadré par un professionnel formé spécifiquement à cette prise en charge.
  4. Réalisation d’un bilan médico-sportif final pour effectuer le suivi avec le patient sur les conditions de la reprise d’une activité physique et sportive.

Comment puis-je bénéficier de l’offre d’activité physique adaptée du RSSBE ?

Toute personne présentant une obésité ou une maladie chronique peut prendre contact avec un éducateur médico-sportif proche de chez elle. Leurs coordonnées sont disponibles sur notre site : http://reseaux-sante-ca.org/spip.php?reseau=rssbe

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Qu'est ce que la maison de la nutrition de Champagne-Ardenne

/////Questions à Justine Pierrard, directrice de la maison de la nutrition : Qu’est ce que la Maison De la Nutrition Champagne-Ardenne ?

La Maison de la Nutrition (MDN) de Champagne Ardenne est une association à but non lucratif dont l’objet est de répondre aux priorités régionales arrêtées par l’Agence Régionale de Santé (ARS) en terme de prévention en matière d’alimentation. Elle existe depuis 1999, est basée à Reims et ses actions s’étendent sur l’ensemble du territoire de la région Champagne-Ardenne.

Que propose-t-elle ?

La MDN anime aussi bien, des actions à destination du grand public, que des formations à destination de « professionnels relais » pour que ceux-ci intègrent, dans leur pratique, la prévention en matière d’alimentation. Au siège de la MDN, des diététiciens animent des permanences-conseils gratuites. Il suffit de prendre RV auprès du secrétariat pour en bénéficier. A l’issue d’une permanence, un cycle de 6 ateliers « cuisine santé » peut être proposé.

La MDN offre également un site Internet qui se veut être un outil pratique, affichant des trucs et astuces pour aider tout un chacun au quotidien quant à l’alimentation (démêler le vrai du faux, contacter des structures ressources, réaliser une recette de cuisine, peser sans balance, écouter ses sensations de faim…)

Comment la contacter ?

7 place Toulouse Lautrec à Reims (bus : terminus hôpitaux)
03 26 48 00 00 du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30
mdn.reims@wanadoo.fr

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Avoir recours à un diététicien

/////Questions à Justine Grulet, cadre de santé du service diététique au CHU de Reims : Comment devient-on diététicien/diététicienne ?

Le diététicien, appelé diététicien nutritionniste a obtenu un Brevet de Technicien Supérieur (BTS) ou bien un Diplôme Universitaire Technologique (DUT).
Il peut ensuite faire des formations complémentaires pour se spécialiser dans la prise en charge de certaines maladies, dans le champ de l’éducation pour la santé …

Que propose le diététicien comme aide aux personnes en excès de poids ?

Le diététicien peut proposer différents accompagnements pour les aider  à :

  • Structurer leurs repas et consommer une alimentation variée et équilibrée en s’adaptant aux gouts, habitudes de vie, culture et religion des personnes
  • Mieux identifier leurs sensations de faim, satiété et rassasiement
  • Prendre conscience de leurs fausses croyances alimentaires
  • Mieux comprendre l’origine de leur problématique de poids et adhérer à une prise en charge globale faisant appel à d’autres professionnels ou autres spécialités complémentaires (éducateur médico-sportif, psychologue, relaxation, hypnose, associations de patients ...)

Ces accompagnements peuvent se faire en individuel et/ou en collectif (au sein de programmes éducatifs

Est ce pris en charge par la sécurité sociale ?

Oui, mais seulement dans certains certains établissements, après une consultation médicale spécialisée ; ou bien dans le cadre de programmes éducatifs certifiés par l’Agence Régionale de Santé.

Comment puis-je en contacter une ?

Dans les « pages jaunes » ou dans l’unité transversale d’éducation thérapeutique du patient (UTEP) de son établissement hospitalier de proximité.

En ce qui concerne le CHU, il est possible d’avoir directement accès au programme éducatif  « Comprendre mon poids pour agir »  en contactant le 03 10 73 63 50
Il est également possible de contacter le service diététique du CHU au 03 26 78 70 11 qui orientera vers des diététiciennes spécialisées si besoin./////

L’addiction alimentaire : une réalité ?

/////Questions à Farid Benzerouk, psychiatre du centre spécialisé dans l’obésité : Certaines personnes se disent addictes au sucre, s’agit-il d’une véritable addiction ?

Je dirais que certaines personnes semblent réguler les émotions (souvent négatives et également positives) qu’elles peuvent ressentir grâce à l’utilisation d’aliments sucrés. Ce comportement, dans quelques cas, s’apparente effectivement à ce que l’on peut observer dans les addictions vis-à-vis d’une substance. C’est pourquoi on entend de plus en plus parler du concept général d’addiction à l’alimentation. Dans ce domaine, des travaux de recherche sont actuellement en cours pour tenter de démontrer la validité de ce concept. Au sein du centre de l’obésité du CHU de Reims, nous participons à ces travaux, grâce à l’aide des patients, dans un objectif général de mieux caractériser ce trouble et de développer des prises en charge adaptées.

Y a-t-il d’autres addictions alimentaires ?

Il semblerait que ce comportement alimentaire soit davantage décrit avec les aliments raffinés hypercaloriques, à bas prix. Il existe donc potentiellement d’autres addictions alimentaires que celle décrite avec le sucre.

Que conseilleriez-vous aux personnes qui présenteraient une addiction alimentaire ?

L’offre de soins spécifiques est encore peu développée étant donné que ce concept est encore en cours de validité. Cependant, toute personne qui présenterait des difficultés de gestion de tel ou tel aliment pourrait solliciter une consultation auprès d’un(e) nutritionniste, d’un(e) diététicien(ne). Ces professionnels de santé pourront, si besoin, orienter la personne vers d’autres professionnels comme un(e) psychologue ou un(e) psychiatre. La prise en charge peut donc s’intéresser au comportement qui pose problème, à sa gestion et aux origines de celui-ci./////

Conseils pratiques pour manger moins vite :

/////Le fait de manger vite (tachyphagie) perturbe la sensation de rassasiement et par conséquent favorise la surconsommation alimentaire (manger au delà de ce dont le corps a besoin) et stimule le stockage de l’énergie des aliments (calories). Afin de réduire sans frustration ses apports caloriques, il est donc intéressant de travailler sur la vitesse à laquelle vous mangez.

Comme le comportement de « manger vite » est une habitude parfois difficile à changer dans la durée, voici quelques astuces pour vous y aider:

1. Mangez quand vous avez faim, mais sans attendre d’avoir trop faim (évitez de sauter un repas)

2. Mangez dans un environnement non stressant en prévoyant un temps d’au moins 20 minutes pour votre repas

3. Calez vous sur le rythme d’une personne qui mange moins vite que vous

4. Prenez le temps de mastiquer les aliments et de les faire circuler dans votre bouche pour avoir le plus de stimulation des papilles gustatives (plus vous mangez vite, moins vous profitez des saveurs des aliments).

5. Soyez à l’écoute de vos sensations alimentaires et essayez d’identifier les saveurs les plus subtiles (prenez le temps de déguster même les plats les plus simples)

6. Enfin, si vous avez des difficultés à modifier votre rythme alimentaire, soyez vigilant(e) à consommer lentement les 3 premières bouchées de chacun de vos repas. Il faut que ce soit systématique ! Ainsi, vous arriverez à faire progressivement de même pour la 4 premières, puis 5ème, ainsi de suite./////

 

2. une action de formation auprès des médecins généralistes et diététiciens de la région Champagne-Ardenne, afin de mieux connaître les indications de la chirurgie de l’obésité, et  gérer le suivi des personnes opérées : une conférence est prévue pour cela le samedi 21 mai de 9h30 à 12h à la faculté de médecine de Reims.

20,9% des champardennais concernés par l’obésité

Parcours de soins au CHU de Reims

Au CHU les patients atteints d’obésité sévère/complexe bénéficient d’une prise en charge pluridisciplinaire. Le parcours du patient débute par une consultation avec un des médecins nutritionnistes du service d’endocrinologie-diabétologie-nutrition. A l’issue de cette consultation, un parcours personnalisé de soins est proposé et intègre selon les cas : un parcours éducatif en petits groupes (présenté plus loin), un accompagnement par une diététicienne, un éducateur médico-sportif, une psychologue et/ou un psychiatre addictologue. Lorsque la situation ne peut être résolue par la prise en charge médicale et qu’une solution chirurgicale est envisagée, un bilan est réalisé en hôpital de jour afin de valider l’indication de la chirurgie. Les interventions pratiquées au CHU dans ce domaine sont le By-pass gastrique (réduction de l’estomac et dérivation d’une partie de l’intestin), la Sleeve (rétrécissement de l’estomac). Le patient bénéficie d’une évaluation très complète avant la chirurgie, d’ateliers éducatifs de préparation à la chirurgie, et d’un suivi au long cours, en totale adéquation avec les recommandations de la haute autorité de santé.
Une équipe de chirurgie plastique (esthétique) propose également au sein du CHU plusieurs types d’interventions pour gérer les problèmes d’excès de peau après amaigrissement important.

Zoom sur le parcours éducatif

Coordonné par le Centre Spécialisé dans l ‘Obésité, ce programme a pour thème « Comprendre mon poids pour agir ». Il comporte six séances en groupe (6 à 8 personnes) et est co-animé par une diététicienne, un éducateur médico-sportif et un médecin nutritionniste. Toutes les deux semaines les patients se retrouvent autour de ces séances aux thématiques variées : « Je suis mon corps », « Comment vouloir faire maigrir peut faire grossir ? » ou encore « Un parcours, mon chemin ». Des bilans individuels et collectifs interviennent à la fin du parcours pour échanger sur l’état de la personne et sa progression.

En savoir plus sur la prise en charge au CHU cliquez ici.

Téléchargez le communiqué de presse en cliquant ici.

 

Le Centre Spécialisé dans l’Obésité de Champagne-Ardenne au CHU

Dans le cadre du Plan national Obésité 2010-2013, le CHU de Reims a été désigné centre spécialisé Obésité pour la région Champagne-Ardenne par décision du Ministère de la Santé Cette labellisation s’accompagne de deux missions prioritaires : la prise en charge des situations les plus complexes, d’une part ; la prévention et l’organisation de la filière de prise en charge des personnes atteintes d’obésité, d’autre part.